Orientation : pas toujours simple d’être femme !

Tous les métiers sont mixtes. Pas d’orientation professionnelle choisie en raison de son sexe, c’est le leitmotiv répété au collège Jean-Emond.

Peu à peu, nous voyons des filles arriver dans les filières soi-disant masculines mais l’évolution est lente. Pas de quoi baisser les bras pour les équipes enseignantes de Jean-Emond dont Sophie Bouchard, Virginie Bertrand et Lionel Vies, directement impliqués dans l’organisation de ce rendez-vous autour de l’orientation professionnelle conclu autour d’un buffet gourmand préparé par les élèves de Segpa. Vendredi après-midi, pour la quatrième année, l’établissement proposait une rencontre avec des professionnelles. Pas moins de 45 femmes qui, pour l’essentiel, avaient pris sur leur temps libre pour venir parler de leur profession : agricultrice, psychologue, notaire, médecin, peintre en décor, horticultrice, ingénieure qualité, chef d’entreprise…

Pour toutes, un même credo qui semblait surprendre quelques-uns des 120 élèves de classe de 4e qui défilaient devant elles.
Et pour la seconde fois, le discours était appuyé par cinq lycéennes qui témoignaient de leur formation. Ainsi, Amandine Pothier, maintenance des matériels agricoles, seule élève fille d’une filière de six classes, confiait qu’elle avait dû rester dans le camion le temps d’un dépannage « qui n’était pas fait pour une femme ». Vanessa Cauc, seule fille d’une promotion de treize, affirmait que les mentalités changent et que les stages sont faciles à trouver, pour un garçon comme pour une fille. Analyse identique pour Luna Coppi qui a choisi la menuiserie, bien que seule fille parmi onze élèves de terminale.
Et à chaque fois, le même conseil : les mentalités changent. Il faut oser mais… s’imposer plus qu’un garçon.

Édith Van Cutsen, La Nouvelle République, mardi 2 mai 2017
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