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Un job dating a réuni quatre entreprises et une vingtaine de candidates intéressées par le CAP en apprentissage du lycée Ampère.

  • Les entreprises, comme ici Louis Vuitton, se sont présentées aux candidats (photo NR)

    Les entreprises, comme ici Louis Vuitton, se sont présentées aux candidats (photo NR)

Camille, 23 ans, est en alternance dans un cabinet comptable, Leïla, 21 ans, a fait un CAP Couture, Isalys, 23 ans, est en bac pro boulangerie-pâtisserie, Océane, 27 ans, travaille en hôtellerie-restauration depuis 10 ans et vient d'être maman...
Le point commun de toutes ces jeunes femmes ? Avoir participé mercredi 6 mai 2026 à la journée de job dating organisée par le lycée Ampère de Vendôme pour le recrutement en apprentissage des futurs élèves du CAP Maroquinerie.  
Face à elles, et à une vingtaine d'autres candidates - exclusivement des femmes cette année - trois entreprises du secteur se sont présentées, avant de recevoir, individuellement les postulantes. 
"Une quatrième entreprise, l'Atelier chartrain de maroquinerie à Chartres, a eu in empêchement de dernière minute, mais je vais recevoir les candidates pour elle", confie Patricia Brodach, responsable de la relation avec les entreprises au lycée Ampère et organisatrice de ce job dating.

"Une formation avec une certaine polyvalence."


Manuel Santos, directeur du site de Maison Boinet à Château-Renault (Indre-et-Loire), Chloé Maupou, responsable formation pour Louis Vuitton à Vendôme, et Gladys Deshayes de l'Atelier du maroquinier (groupe Tolomei) à la Chartre-sur-le-Loir (Sarthe), ont donc présenté à tour de rôle leurs entreprises et leurs produits, avant de détailler postes, organisation du travail et perspectives d'emploi au-delà de l'apprentissage. "A l'issue de la journée, en général, les entreprises reçoivent sur leur site leur première sélection de candidats, qu'elles mettent en situation, ce qui rend souvent leur choix plus clair." Le travail effectué en amont par le lycée, pour s'assurer que les postulants sont bien éligibles à l'apprentissage, "et pour vérifier aussi que leur projet colle à cette formation" facilite aussi le recrutement.

Pourtant, depuis la création de ce CAP en 2022, aucune promotion n'a jamais rempli plus de la moitié des 12 places prévues. "Cette formation initiale, c'était le souhait des élus pour garder des jeunes sur place, avec des carrières possibles dans des entreprises locale", souligne Eric Gavinet, proviseur du lycée. Mais si la maison Louis Vuitton joue le jeu, en recrutant pour ses deux ateliers vendômois, quatre apprentis chaque année depuis le début, les autres entreprises ont des besoins plus mesurés. "Je pense à la Commerciale de de maroquinerie à Montoire, par exemple, détaille Patricia Brodach, ils ont une apprentie en CAP en cours, qu'ils ont décidé d'accompagner en Bac Pro. On est ravi pour elle, mais ça ne laisse pas de place pour un nouvel entrant en CAP." 

Élargir la formation ?
Le lycée s'efforce cependant d'élargir le cercle des entreprises susceptibles d'intégrer des apprentis. Ainsi, l'Atelier chartrain de maroquinerie est un tout nouveau partenaire, qui prendra à la rentrée son premier apprenti en CAP. 
Côté candidats, il y a aussi des freins, et le premier d'entre eux, c'est la mobilité, d'autant que la formation est ouverte aux jeune dès la sortie de 3ème. Le job dating de cette année a attiré deux fois moins de candidats que d'habitude, malgré le volontarisme de l'agglo de Vendôme, qui a très largement diffusé l'affiche d'information du lycée.
Une ouverture du CAP à des jeunes en filière scolaire, et non pas seulement des apprentis, permettrait sans doute d'en compléter les promotions, et de proposer aussi aux entreprises du secteur du personnel déjà formé, "avec une certaine polyvalence, au delà du simple métier de piqueur que d'autres forment en six mois", note la responsable. La réflexion est ouverte. La maroquinerie reste demandeuse de main d’œuvre qualifiée, et le secteur du luxe, moins sensible aux variations économiques que d'autres.

Les personnes intéressées par la formation 
peuvent contacter Patricia Brodah
au 02 58 40 01 10

Catherine Simon, article publié dans la Nouvelle République, le lundi 18 mai 2026